Sandrine Léger


Vous pouvez utiliser librement des extraits du livre et les diffuser . Merci toutefois, par respect pour le travail que cela représente, de mentionner  l’auteur (Sandrine Léger) et le nom du site (spirituartiste.com)


« La mécanique subtile de la Vie » de Sandrine Léger. Extrait 1.


Quand on croit que l’on doit être « utile », quelles en sont les conséquences ?


Eh bien, notre vie se place alors sous l’emprise du « faire ». Nous devons faire des choses (« utiles »… aux yeux de qui ? ) Notre vie devient une succession d’actions, un enchaînement sans fin et trépidant, qui est censé nous donner un sentiment de plénitude puisque nous en recevrons de l’amour… Malheureusement, ce n’est pas le cas et cela donne des burn out, des dépressions et de plus en plus couramment un sentiment de mal-être qui empire avec le temps.

Cela nous pousse aussi à penser en terme d’objectifs à atteindre. Qui dit objectif, dit comparaison à un modèle. Or ces modèles sont toujours un idéal de perfection. Quelque chose d’inatteignable par essence. Pourtant nous passons nos vies à tenter de réaliser l’impossible tout en croyant que cela nous apportera de l’amour dans nos vies, voire de la reconnaissance. Sous ce prétexte, nous nous faisons donc souffrir en permanence.
Autrement dit, nous nous infligeons du malheur afin d’avoir du bonheur…
Une stratégie qui interroge n’est-ce pas ?

Penser en terme de « faire » c’est aussi exclure « l’être » de sa vie. C’est s’interdire de profiter du simple bonheur d’exister…
Qui n’a pas connu un moment de bonheur, de paix intérieure, juste assis au coin du feu en présence d’un être aimé, un chien affectueux couché à ses pieds que l’on caresse d’une main distraite en savourant simplement cet instant ? Exclure l’être c’est exclure sa nature profonde, c’est se couper de la JOIE.
A ce sujet, j’ai travaillé sur des croyances liées à l’argent car j’avais des  « élans » pendant lesquels je dépensais des sommes importantes…tout en culpabilisant.
Ce que cela m’a révélé était fascinant…
En fait, je m’interrogeais sur le plaisir que j’avais à acheter des choses. Il m’est apparu que ce plaisir était nettement multiplié quand j’avais besoin de ces choses. Quel était la différence ?
Pourquoi l’argent était-il important pour moi ? La première raison qui me venait était la liberté…
Quand on est riche, on est libre de faire ce que l’on veut, me disais-je. En mettant ces idées bout à bout, je me suis rendue compte que c’était l’argent qui … ME DONNAIT LE DROIT de m’écouter. D’entendre mes besoins, mes envies et d’y répondre (ou non)…

En clair, avoir le statut de « riche » me donnerait MORALEMENT le droit de me FAIRE PLAISIR !
Remarquez que nous revenons sur la notion d’AUTORISATION.

En CNV, Marshall Rosenberg (6) explique que les besoins n’ont pas à être nourris systématiquement mais que l’essentiel est de les écouter. 

Il dit aussi que  « tout jugement est l’expression tragique d’un besoin non reconnu », c’est à dire que tout acte de violence, moral (dévalorisation) ou physique, n’est que le fait d’un être qui n’est pas entendu, reconnu dans son existence.


Croire que l’on doit obéir, que l’on a des obligations, que l’on doit se forcer dans la vie, c’est justement bannir le plaisir de vivre, la Joie ! C’est s’interdire de faire vivre l’Être en soi. Et pourtant personne n’est physiquement présent pour nous en empêcher, ce sont nos pensées, notre Ego, qui croient nous sauver en nous mettant à la disposition des autres. Or en réalité, nous tuons ce qu’il y a de vivant en nous petit à petit. La Joie nous quitte. La connexion à nous-mêmes disparaît et notre vie devient un réseau d’obligations, de poids à porter. C’est pour cela que nous nous forgeons des armures de plus en plus dures et lourdes, pour supporter cette tristesse, cette souffrance… dont nous sommes en réalité les auteurs !

Vous constaterez en regardant autour de vous que certaines personnes âgées, la majorité même, sont bloquées, raides, limitées dans leurs mouvements. 

Cela est dû à cette armure, cette raideur intérieure, que s’oblige à acquérir celui qui DOIT faire les choses car il fait violence à l’enfant joyeux en lui.
Vieillir n’est pas synonyme de rigidité. La science nous apprend à l’heure actuelle que tous nos organes se renouvellent en 15 ans maximum ! (21) Nous avons donc un corps quasi « neuf » tous les 15 ans. Pourquoi se rigidifie-t-il alors ? Ne serait-ce pas dû à une raideur intérieure de plus en plus grande qui finit par prendre toute la place ?

J’ai été très étonnée au début de mes cours de bien-être, de constater que la plupart des gens qui venaient s’étaient coupés de leur corps, de leur ressenti. Il leur fallait du temps pour répondre à cette simple question : « comment vous sentez-vous ? ».  Ils éludaient, au départ, par un 

« bien ! ». Ce n’est qu’après un temps de réapprentissage qu’ils pouvaient entendre ce qui se passait réellement au niveau émotionnel, au niveau des sentiments présents, au niveau de leur centrage intérieur, au niveau de leur corps physique…

Comment nourrir ses besoins quand on ne sait pas qu’ils existent ?!

Nous demandons aux autres (à cause de nos croyances) de nourrir nos besoins… mais nous ne savons pas réellement ce que nous voulons !
Ou même, surtout, ce dont nous avons besoin. Et nous en sommes dépités, déçus, attristés, nous ne nous sentons « pas entendus » voire rejetés… alors que nous ne savons pas ce qui est présent en nous et encore moins l’exprimer de façon claire. (Une des premières choses que je propose dans les séances de bien-être est de DIRE précisément ce que la personne désire car l’Autre n’est pas télépathe !)
Évidemment, faire porter à l’Autre le chapeau quand nous sommes insatisfaits donne des relations compliquées pour le moins.
Je me souviens d’une séance à laquelle je suis arrivée en disant avec provocation « j’ai décidé qu’à partir de maintenant c’est vous qui alliez me donner tout ce dont j’ai besoin ! » Les gens présents ont éclatés de rire et ont refusé avec une indignation amusée…
« Ça vous fait rire, et pourtant, n’est ce pas ce que vous demandez aux gens que vous aimez ? De faire VOTRE bonheur, de vous prendre en charge, de vous occuper de vous ? Ou alors êtes-vous capable d’entendre qu’ils n’en ont pas envie sans vous sentir mal aiméEs ou même 

rejetéEs ?»



Pourquoi attendre des autres qu’ils remplissent mes besoins, mes vides alors que je suis la personne la mieux placée au monde pour savoir de quoi j’ai besoin ?
Personne ne peut mieux me nourrir et m’aimer que moi-même… C’est une évidence.
Mais dans notre conditionnement… c’est MAL !
Penser à soi est mal, égoïste.

(J’aime cette notion « d’égoïsme », elle est très drôle quand on la regarde de plus près. En deux mots rapides : quand se fait-on traiter d’égoïste ? Quand la personne en face n’a pas eu ce qu’elle voulait ! Autrement dit, étant donné que vous devez obéir, le petit tyran en face va vous punir en vous dévalorisant (puisque le mot «  égoïste » possède une valeur négative dans notre société) Cela lui permet aussi d’essayer de vous manipuler par la culpabilisation… des fois que vous changiez d’avis après avoir été rabaissé et privé de son amour…)

Pour en revenir au « faire », si ce pôle est valorisé par l’amour et la reconnaissance des autres, « être » est donc dévalorisant. Tout ce qui est du domaine de « l’être » devient inutile.

Vous ressentez la puissance de ce mot ?
Si je me connecte à moi je deviens INUTILE ? Ma vie devient INUTILE ?
Donc, aux yeux des autres, ma vie n’a de sens que si je suis une mécanique, une machine à FAIRE ?!
Passer son temps à « faire » c’est en réalité remplir sa vie par peur du vide !

Or c’est dans le vide qu’il y a de la place pour ce qui nous habite.
C’est dans un espace libre et accueillant que nous pouvons entendre ce qui est présent.
Quand vous allez chez un thérapeute, avez-vous envie de vous confier à quelqu’un qui est constamment en train de s’agiter, de faire des choses tout en vous écoutant, ou êtes-vous plus enclin à vous livrer avec une personne qui est calme et attentive ?
Bref, le calme, le « vide » est devenu quasi-dangereux dans notre société (d’autant plus que vu la souffrance que nous nous infligeons, notre Ego ne veut surtout pas ouvrir la boite de Pandore et commencer à entendre cette souffrance intérieure qu’il a causée)
Remarquez comme le silence devient rare !
Dans les magasins, chez soi (la télé meuble le silence la plupart du temps)… Même dans les rues on entend de la musique, des annonces publicitaires parfois…

Ne nous connectons surtout pas à nous-mêmes !!!
Tel est le message que nous envoie notre société à l’heure actuelle. Et c’est aussi pour cela, car nous sommes au bord du gouffre, au bout de la souffrance, que beaucoup d’entre nous réagissent en pratiquant de plus en plus la médiation, la relaxation, la sophrologie etc,etc.
Un mouvement né de l’intérieur en réaction avec un système qui nous éteint petit à petit…